Chauds latins

12.04.2014
MUSEE ROMAIN DE LAUSANNE-VIDY
LAUSANNE

Le musée cantonal de zoologie, le musée et jardins botaniques cantonaux et le musée romain de Lausanne-Vidy proposent, sous le titre commun Sexe(s) aux musées, trois expositions complémentaires autour de questions très anciennes mais toujours brûlantes: le sexe, c’est quoi, ça sert à quoi, et comment le vit-on?
A cet égard, l’époque romaine réserve des surprises : loin des clichés qui l’associent volontiers à l’orgie et aux ébats sexuels débridés, elle avait ses pudeurs et ses tabous. Mais pas toujours les mêmes que ceux d’aujourd’hui.
Les fameuses turpitudes de Caligula ou de Néron, les lupanars, les fresques érotiques, la nudité des statues, les effigies de Priape, les phallus en érection figurés sur les murs ou portés en pendentif, les scènes torrides sur les lampes et même sur la vaisselle… La société antique était-elle donc en perpétuelle frénésie sexuelle? Pas du tout: les représentations phalliques relèvent de la superstition plus que de l’érotisme, et les auteurs latins condamnent en général les débauches qu’ils relatent. En réalité, les Romains étaient plutôt pudiques. Hostiles aux excès de toute nature, ils plaçaient la virtus, la vertu civique et familiale, au-dessus des voluptés charnelles.
En matière de sexe, leurs idées, leurs désirs ou leurs interdits semblent toutefois bien éloignés de ceux d’aujourd’hui. C’est qu’ils reflètent une hiérarchie sociale où tous les humains étaient loin d’être égaux en droit, et où prédominait une conception très phallocrate des rapports intimes. C’est le rôle et le plaisir du citoyen mâle et dominant qui primaient, avec des partenaires des deux sexes (les notions «homo» et «hétéro» n’ayant pas cours à l’époque). Et pour épancher la libido des maîtres, voire des maîtresses, l’esclavage facilitait bien les choses.
Mariage, contraception, séduction, désirs, pratiques, émois, ébats: au fil de l’exposition, de nombreux objets archéologiques illustrent la mentalité et les relations sexuelles d’alors, avec à l’appui de croustillants passages de textes antiques lus par Frédéric Recrosio. Le tout dans un décor moelleux et voluptueux à souhait... Et si le sujet y est présenté sans feuilles de vigne, des dispositifs spéciaux livrent les explications en deux versions: adultes avertis et chastes esprits. La visite, dès lors, n’est absolument pas interdite aux moins de 16 ans!

A découvrir jusqu'au 26.10.2014