Paris-Lausanne-Paris -- 39-45: les intellectuels entre la France et la Suisse Histoire et géographie
Dossier pédagogique publié en relation à l'exposition Paris-Lausanne-Paris, conçu pour les enseignants de gymnase; il peut être utilisé notamment dans les cours d’histoire et de français.
Présentation de l'exposition
La Seconde Guerre mondiale est un moment singulier dans l’histoire des relations entre intellectuels français et suisses, notamment parce que le conflit modifie le cadre des échanges. Avec les restrictions apportées à la circulation des personnes, avec l’instauration des censures nationales, avec les contingentements économiques, le flux d’échanges culturels se rétracte et s’appauvrit. Les tournées théâtrales ou musicales deviennent difficiles à mettre sur pied, les conférences sont surveillées, réglementées, limitées, tout comme l’importation ou l’exportation de livres, de journaux ou de films.
Pourtant, ce n’est pas cet appauvrissement quantitatif du flux d’échanges qui fait la singularité de ce moment historique, mais plutôt le changement qualitatif qui intervient dans ces échanges. Avant-guerre, les intellectuels français n’avaient que condescendance pour le petit monde intellectuel romand. Après la défaite de mai 1940, leur attitude n’est plus la même. Leur situation est bouleversée par l’Occupation, la division du pays en deux zones, la disparition de plusieurs quotidiens et revues, l’interdiction de travail signifiée aux enseignants et aux journalistes suspects à cause de leur religion ou de leurs opinions politiques…
Les intellectuels français se pressent alors au portillon des quotidiens romands pour s’y faire publier et gagner quelque argent, ils se font éditer en Suisse, ils proposent leur collaboration à de modestes revues lausannoises ou genevoises, ils préfèrent la quiétude d’un petit village lémanique aux cartes de rationnement de Paris… Comme le constate, en 1942, ébloui, le poète et chroniqueur vaudois Daniel Simond : «La province n’est plus la province».
Cet état de grâce ne durera que le temps du conflit. Dès la Libération, Paris retrouve son rang et aimante à nouveau les intellectuels français qui en oublient leurs amis suisses, comme les revues ou les maisons d’édition qui leur furent accueillantes. En Suisse même, ceux qui avaient fréquenté les poètes de la Résistance ne réussissent pas à imposer le souvenir de leur combat progressiste. Le pays ne connaît pas d'épuration et les élites bourgeoises, pressées de passer l'éponge, forgent rapidement une complaisante mémoire officielle ne retenant rien de ces proximités culturelles.
L’exposition présentée au Musée historique de Lausanne témoigne en sept stations de plusieurs aspects significatifs du contexte intellectuel de cette époque, à travers l’évocation de personnalités, de revues ou de journaux marquants. Cette évocation est faite par le moyen de publications, de photographies, d’affiches ou de lettres réunies autour d’un thème particulier.
Âge
gymnase.
